Patrimoine mondial à Bahreïn

Deux sites du Patrimoine Mondial sont répertoriés au Royaume de Bahreïn:

Qal’at al-Bahreïn – Ancien port et capitale de Dilmun

Qal’at al-Bahreïn – ancien port et capitale de Dilmun est un site archéologique qui comprend quatre éléments principaux : un tell archéologique (colline artificielle formée au fil du temps par des occupations successives) de plus de 16 hectares, aux abords immédiats de la côte septentrionale de Bahreïn ; une tour  maritime située à environ 1 600 m au nord-ouest du tell ; un chenal d’un peu moins de 16 hectares taillé dans la barrière de corail non loin de la tour, et des palmeraies.

Qal’at al-Bahreïn est un exemple exceptionnel d’une continuité d’occupation plus ou moins ininterrompue pendant près de 4 500 ans, depuis 2300 avant J.-C. jusqu’à nos jours, sur l’île de Bahreïn. Le tell archéologique, le plus connu à Bahreïn, est unique dans toute l’Arabie orientale et la région du Golfe dans la mesure où il s’agit là de l’exemple le plus complet que l’on ait actuellement d’une séquence stratigraphique profonde et intacte couvrant la majorité des époques à Bahreïn et dans le Golfe. Il fournit un exemple exceptionnel de la puissance de Dilmun et de ses successeurs durant la période de Tylos et la période islamique, comme en témoigne leur domination commerciale dans le Golfe. Ces qualités sont illustrées par l’architecture monumentale et défensive du site, le tissu urbain magnifiquement préservé et les découvertes absolument remarquables des archéologues qui ont fouillé le tell.

La tour maritime, probablement un ancien phare, est unique dans la région comme exemple de l’architecture maritime ancienne et le chenal adjacent démontre l’extraordinaire importance de cette ville sur les routes du commerce maritime de l’Antiquité. Qal’at al-Bahreïn, considéré comme la capitale de l’ancien Empire de Dilmun et le premier port de cette civilisation depuis longtemps disparue, était le centre des activités commerciales reliant l’agriculture traditionnelle (représentée par les palmeraies et jardins traditionnels qui datent de l’Antiquité et existent encore autour du site) et le commerce maritime entre des régions aussi diverses que la vallée de l’Indus et la Mésopotamie dans un premier temps (du IIIe au Ier millénaire avant J.-C.), puis entre la Chine et la Méditerranée (du IIIe au XVIe siècle après J.-C.). Véritable carrefour d’échanges économiques, Qal’at al-Bahreïn exerçait une présence commerciale et politique très active à travers toute la région.

Activités perlières, témoignage d’une économie insulaire

L’exploitation traditionnelle de la mer pour récolter des perles sur les huîtrières du golfe Arabique a modelé l’économie de l’île de Bahreïn durant des millénaires. L’industrie du Golfe, la plus réputée parmi les sources d’approvisionnement en perles depuis l’Antiquité, a atteint le sommet de sa prospérité à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. La richesse apportée par ce commerce qui était devenu mondial est reflétée par le développement des quartiers marchands de la ville de Mouharraq. Quelques bâtiments distinctifs, commerciaux et résidentiels, témoignent encore de cette activité économique noble, mais dangereuse et exigeante, qui disparut de manière soudaine et catastrophique dans les années 1930, suite au développement des perles de culture obtenues avec des moules d’eau douce, au Japon.

Le site comprend dix-sept bâtiments ancrés dans le tissu urbain de la ville de Mouharraq, trois bancs d’huîtres en mer et une partie du littoral à la pointe méridionale de l’île de Mouharraq, d’où les bateaux partaient pour gagner les lieux de pêche des huîtres.

Le témoignage architectural inclut les structures résidentielles et commerciales qui sont des expressions matérielles de l’impact social et économique et des institutions associés à la société perlière. La plupart des structures a relativement survécu depuis l’effondrement de l’industrie de la perle au début du 20ème siècle et témoignent des caractéristiques des traditions de construction adoptées par l’industrie, notamment celles de l’artisanat de haute qualité du bois de construction et du plâtre. Ces constructions rappellent cette industrie, l’importance socio-économique de ses structures, et de l’identité culturelle qu’elle a produit.